Interview | Monique : Du Brésil à la Belgique : cette jeune ingénieure a trouvé sa place malgré les défis

Qui peut se targuer de connaître Telêmaco Borba ? « C’est une petite ville du Paraná, un état du sud du Brésil, à quatre heures de route de Curitiba, la capitale de l’état », situe Monique Mainardes, une Brésilienne de 25 ans, aujourd’hui ingénieure en Belgique chez ENGIE. C’est là, à près de 10 000 kilomètres, que son parcours inspirant a débuté…
Une petite ville construite autour d’une usine de papier
Telêmaco Borba ? « C’est là que je vivais. Toute la ville s’est construite autour d’une usine de papier. Presque tout le monde avait un emploi direct ou indirect lié à l’usine ». Alors qu’elle doit bientôt entrer au lycée, une nouvelle institution est créée : l’Institut Fédéral du Paraná. « C’est une sorte de lycée où l’on peut apprendre un métier technique. Je pouvais devenir technicienne en automatisation. C’est là que je me suis rendue compte que la technique me passionnait. La suite logique était de poursuivre mes études et de me lancer comme ingénieure ». C’est du côté du plat pays qu’elle débarque avec son futur mari pour étudier l’électromécanique à la KUL, à Louvain. « Heureusement que les études étaient en anglais, et c’étaient les seules. Comme si elles étaient faites pour moi ». Le système scolaire étant différent, elle avait un peu de retard en mathématiques et en anglais.
L'une des rares femmes dans sa filière
Après s’être mise à niveau, Monique peut se consacrer pleinement à ses études. Venir d’un pays lointain est loin d’être un défi pour elle : « Mes études étant en anglais, tout le monde venait des quatre coins du monde, ce n’était pas un souci pour moi ». Un autre challenge était néanmoins bien présent : « Oui, j’étais clairement l’une des rares femmes, je n’étudiais presque qu’avec des hommes. Plus je m’orientais vers l’électromécanique, plus le nombre de femmes diminuait. Mes camarades féminines s’orientaient plutôt vers l’électronique, l’IT ou la chimie. Pour vous donner une idée, je pense que nous n’étions plus que deux femmes en dernière année, et même pas dans la même classe. C’était assez solitaire comme études. » La jeune Brésilienne était aussi confrontée à des remarques sexistes, ainsi qu’à des commentaires sur son apprentissage du néerlandais, une langue supposée être trop compliquée pour elle, qui parle portugais. « J’ai aussi connu ce genre de réflexions au Brésil, où j’ai travaillé dans un garage pour camions. « Tu es sûre de vouloir faire cela ? » Eh bien oui. Et cela m’a toujours servi dans la suite de ma carrière. »
Un programme pour jeunes diplômés…
Après un premier stage dans une entreprise de techniques d’automatisation, Monique Mainardes rejoint un programme d’ENGIE pour jeunes diplômés. « J’ai postulé dans plusieurs entreprises mais c’est ENGIE qui m’a directement contactée. Personnellement, je crois à ce type de programme : il permet d’intégrer une entreprise et de découvrir différents métiers et départements. Et en plus, c’était dans le domaine qui m’intéressait, les opérations et la maintenance ». Avant même de commencer, le match est quasi instantané avec son manager. « C’est difficile à expliquer mais on sent ces choses-là. Chez ENGIE, les entretiens étaient fluides, ça ressemblait plus à une discussion sur nos expériences, nos métiers et nos envies. Totalement différent de ce que j’ai connu dans d’autres entreprises ». Ce programme lui permet de découvrir plein de choses, et de travailler sur plusieurs projets, à la centrale de Drogenbos, à celle de Vilvorde, mais aussi aux Pays-Bas, près de Groningen.
… et un emploi plein d’opportunités
Une première expérience utile pour la suite. « Car je travaillais déjà, en quelque sorte, pour le poste que j’occupe aujourd’hui, de Project Engineer. Nous construisons un nouveau parc de batteries à Drogenbos, et je suis responsable de la partie instrumentation et contrôle. » Plus qu’un emploi, Monique a aussi trouvé sa place chez ENGIE, en tant qu’ingénieure, et en tant que femme. « C’est un environnement fascinant, et l’entreprise offre de nombreuses possibilités d’évolution dans différents domaines et fonctions. » Monique s’est aussi fixé un objectif supplémentaire : celui de changer certaines mentalités. « Je pense que si je fais du bon travail, je pourrai aussi faire changer le regard porté sur les femmes dans les métiers techniques », conclut-elle.
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