902 jeunes à l’opéra et touchés par le parcours d’un migrant 

Dans le cadre d'un projet éducatif et artistique mené par le Théâtre National de La Monnaie en partenariat avec la Fondation ENGIE, plus de 900 jeunes ont découvert le monde de l'opéra. Le spectacle, Ali, raconte l’histoire d’un migrant somalien d’à peine 12 ans, qui doit fuir son pays. Pour composer son opéra, Ricard Soler Mallol s’est basé sur la véritable histoire d’Ali, qui pendant 2 ans, a traversé toute l’Afrique, ainsi que la Mer Méditerranée sur un bateau de fortune avant d’être secouru et de débarquer à la gare de Bruxelles Midi. Un opéra percutant, qui a impliqué aussi une dizaine de jeunes primo-arrivants sur la scène. Retour en images sur cette initiative.
30/05/2024

« Ali » : l’histoire 

L’opéra raconte le périple, pendant 2 ans, du jeune réfugié Ali. Alors qu’il est à peine âgé de 12 ans, il est forcé de quitter seul son village natal de Somalie pour sauver sa vie. De passeur en passeur, son chemin lui fait traverser entre autres le Kenya, l’Ouganda, le Soudan du Sud et l’Éthiopie, puis franchir la frontière du Soudan. Il marche ensuite pendant des jours dans le désert et se retrouve piégé et maltraité dans l’enfer libyen, attendant de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune. A bord d’un petit bateau, il est finalement secouru avec d’autres par une ONG, débarque à Malte avant de terminer son voyage à Bruxelles Midi où il va être accueilli. Découvrez ici le récit de sa maman adoptive en Belgique. 

Des représentations scolaires pour 900 adolescents 

Pour initier les jeunes tant à l’opéra qu’à la thématique sociétale de la migration, La Monnaie et la Fondation ENGIE ont joint leurs forces pour permettre aux jeunes d’aller à la rencontre de l’opéra avec leur classe. Ainsi, 2 séances scolaires ont été proposées à plus de 900 jeunes, dans le cadre de du théâtre flamand KVS où l’opéra était joué. 

Retour en images sur ces représentations scolaires. 

 

10 élèves dans l’équipe de figuration  

L’opéra était aussi un projet participatif puisque 10 élèves de 7ème année professionnelle commune à l’Institut des Filles de Marie à Saint-Gilles ont pu y prendre part activement. 

Stephanie Druart, l’une des professeures de ces jeunes, explique pourquoi ce projet prend tout son sens pour ses élèves : « Cette histoire émouvante du départ, de l'adolescence, de l'horreur du trafic des êtres humains et finalement d'une renaissance en Belgique fait écho à l'histoire migratoire des parents de mes élèves. Ils ont fui un pays en guerre ou en situation de pauvreté économique et se sont retrouvés ici en Belgique, sans la connaissance d'une des deux langues, sans compétence particulière, sans appuis. »  

Au-delà de la découverte du monde théâtral, ce type d’initiative revêt également une dimension non-visible, de confiance en soi, comme en témoigne la professeure : « Ils ont eu une scolarité chahutée, d'une part par une méconnaissance des codes scolaires mais surtout par un énorme manque de confiance en eux renforcé par les échecs et la perception négative des études professionnelles. Ici, après des mois de travail, une assiduité aux répétitions et aux représentations, nous voyons qu'ils ont pris conscience qu'ils ont une place dans notre société, qu'ils sont à leur place. Le théâtre n'est plus un monde pour les riches, on leur a tendu les bras, ils ont pu approcher du "beau" et du "pro", ce qui généralement ne leur est pas permis. On leur a fait confiance et ils ont été partie prenante dans l'aboutissement de l'œuvre. Ce projet leur a permis d'adopter une posture d'adulte dans un milieu professionnel où ils ont pris conscience de l'importance du travail d'équipe, de l'assiduité et de la ponctualité de chacun. Alors que cela reste très difficile à l'école. Cela leur a permis aussi de décloisonner des mondes, l'école et le milieu professionnel artistique international. C'est une belle réussite et je suis fière du chemin qu'ils ont parcouru, fière de les entendre argumenter de l'intérêt qu'ils en retirent, fière qu'ils aient pu lire de la fierté dans le regard des spectateurs et de leurs parents, fière qu'ils aient fait partie de cette aventure. » 

La Fondation ENGIE a également invité des jeunes primo-arrivants de l’association Mentor-Escale.  Un des jeunes soudanais a exprimé que selon lui « il ne manquait rien à cette pièce » et qu’il se reconnaissait tout à fait dans le parcours d’Ali et soulignant que c’était important de rendre visible l’histoire de milliers d’autres jeunes comme lui. 

Depuis 2013, la Fondation ENGIE travaille sur l’inclusion des jeunes en difficulté en soutenant des projets positifs entre autres autour de la culture, pour les aider à construire les bases de leur vie future. 

© Photos Simon Van Rompay

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