Protéger les chauves-souris des éoliennes

Les centres de recherche d’ENGIE – ENGIE Laborelec et ENGIE Lab CRIGEN – ont testé un système de protection des chauve-souris à ultra-sons aux abords des éoliennes. Une première en Europe.

Les chauves-souris sont une espèce protégée d’un grand intérêt biologique. Le problème ? Elles sont attirées par les éoliennes, qui en raison de la chaleur qu’elles dégagent, sont des lieux favorables aux insectes ce qui en fait un territoire de chasse intéressant. Ce faisant, les chauves-souris risquent d’être percutées par les pales ou être victimes des turbulences à proximité des éoliennes.

 

5 haut-parleurs à ultrasons…

Les normes actuelles prévoient des mises à l’arrêt des éoliennes à titre préventif pendant certaines périodes de l’année, à certaines heures et dans certaines conditions de vent et de température. Or, le comportement saisonnier ainsi que la sensibilité à la vitesse du vent et à la température sont variables d’une espèce à l’autre et parfois d’une localisation à l’autre, ce qui en fait des normes imparfaites. On constate par ailleurs la présence de chauves-souris en dehors de ces périodes d’arrêt et l’absence de celles-ci en période d’arrêts préventifs. Cette situation n’est pas idéale tant du point de vue de la protection des chauves-souris que de la production d’énergie verte.

Capitalisant sur des tests déjà effectués aux États-Unis, ENGIE a installé sur une éolienne de son parc de Modave, 5 haut-parleurs à ultrasons. Ce système, développé par l’entreprise américaine NRG Systems, crée un bouclier sonore dans la zone de danger autour des pales de l’éolienne et repousse les chauves-souris.

 

… des caméras et des micros

Ce dispositif d’effarouchement est doublé de caméras infrarouges qui détectent la présence de chauves-souris et permettent une mise à l’arrêt le cas échéant de l’éolienne. Ces caméras permettent également d’observer le comportement des chauves-souris afin de mesurer la variation d’activité entre les périodes de fonctionnement et de non-fonctionnement des haut-parleurs à ultrasons.

Un système supplémentaire de micro détecte la présence de chauves-souris, comptabilise et identifie les espèces présentes, afin de compléter les observations issues des caméras. En cas de succès, ENGIE a l’intention de tester cette solution sur plusieurs éoliennes en vue d’un déploiement plus large.

« Je suis particulièrement fier de cette première européenne, commente Philippe Van Troeye, CEO d’ENGIE Benelux. Elle confirme notre volonté d’un progrès harmonieux qui intègre différents aspects du développement durable. Vouloir être le leader de la transition zéro carbone cela signifie innover en permanence, que ce soit dans la manière où nous impliquons les citoyens dans le développement de nos projets renouvelables ou dans la façon dont nous limitons leur impact sur l’environnement. »